LE PEUPLE DES ABEILLES

Éric Tourneret  photographe

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Cameroun

L’Adamaoua, un paradis d’abeilles

 

Chez les Gbayas des hauts plateaux du Cameroun, les récoltes nocturnes prennent des allures de cérémonies sacrificielles.

abeilles © Éric Tourneret

 

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Un minibus antédiluvien reconverti en taxi brousse, des arbres couverts de fleurs, une piste de terre de latérite rouge composent une scène typique de savane arborée, sur les hauts plateaux de l’Adamamoua.

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Un apiculteur a fixé dans un arbre une ruche cylindrique traditionnelle fabriquée en nervures de palmier raphia, après avoir enduit les parois de cire d’abeille préparée dans une infusion de citronnelle pour attirer un essaim sauvage.

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Une fin d’après-midi, dans un village sur la route de Ngaoundal. C’est l’heure où les arbres reprennent la production du nectar, interrompue pendant les heures de grande chaleur.

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Sa Majesté Aboubakar Mohamadou Mbele, chef traditionnel de Ngaoundal, entouré des membres du conseil. Le pouvoir des chefferies traditionnelles est aujourd’hui en pleine renaissance.

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Au milieu de la brousse, les passagers d’u taxi attendent une réparation incertaine.

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Une colonie d’abeille adansonii a été repérée dans un arbre. Les Gbayas se font parfois guider par un oiseau friand de larves, l’indicator indicator, qui les emmène jusqu’aux nids et reçoit en échange sa part de la récolte.

 

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Un échafaudage sur l’un des géants de la forêt galerie : 40 à 50 mètres de haut et jusqu’à huit mètres de diamètre. Au premier plan, un homme tient un tubercule d’igname sauvage ramassé en chemin.

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Les hommes revêtent le lourd habit de fibres de bois, indispensable pour la récolte de jour. Cette essence particulière dégage une substance répulsive pour les abeilles.

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Le nid situé dans un creux de l’arbre, à plus de quinze mètres du sol, oblige le chasseur de miel à une ascension périlleuse sans assurance, exposé aux attaques.

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Le chasseur poursuit la construction l’échafaudage tout en montant : une technique rudimentaire mais efficace, qui ne demande que l’apport du raphia, le bois étant coupé sur place.

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Le chasseur de miel sort les galettes de miel à mains nues, en équilibre précaire à plus de quinze mètres du sol.

 

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Le panier de nervure de palmier raphia, chargé du précieux nectar, est redescendu au sol.

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Le panier de nervure de palmier raphia, chargé du précieux nectar, est redescendu au sol.

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Les mains du cueilleur de miel, exposées aux piqûres, sont soigneusement frottées avec la fibre de bois pour les imprégner de sève répulsive.

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Le chasseur agrandit un trou d’arbre abritant un nid à l’aide d’une hachette pour pouvoir y introduire la main.

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Le couvain est séparé des galettes de cire contenant les réserves de miel, transporté dans des paniers de raphia tressé, tapissés de feuilles de bananier.

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Après une trop maigre récolte, les chasseurs de miel enlèvent le lourd habit qui les a protégés des piqûres.

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Après une trop maigre récolte, les chasseurs de miel enlèvent le lourd habit qui les a protégés des piqûres.

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Galette de miel

 

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À l’assaut des abeilles sur un échafaudage de fortune.

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Ce mode de récolte, de jour et sans fumée, est de moins en moins pratiqué. Il provient de l’époque où, en temps de guerre, la forêt était le refuge des combattants. Le miel et l’eau, un peu d’igname sauvage, assurent à qui sait les trouver plusieurs semaines de subsistance.

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La récompense après la récolte.

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La récompense après la récolte.

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La savane arborée est propice à l’apiculture comme à l’élevage.

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Un fabricant rapporte au village des ruches cylindriques, qui seront habillées de palmes pour les fermer.

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Les hauts plateaux de l’Adamaoua étaient à l’origine recouverts par la forêt d’altitude. La pratique du brûlis par les éleveurs bororos et peuls a créé la savane arborée.

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La sortie de la mosquée le vendredi. L’Adamaoua, dominé par les Peuls, est en majorité musulman.

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Les conflits sont fréquents entre cultivateurs gbayas et éleveurs peuls, quand les bêtes dévastent les cultures.

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Une femme en somptueuse parure peule apporte son linge à l’étang ouvert dans le cœur de la forêt galerie.

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Scène de marché. Les paniers des vendeuses de farine de manioc, de maïs ou de riz sont souvent visités par des abeilles en manque de pollen. Plus les butineuses sont abondantes, plus la farine est réputée bonne.

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Dans tous les villages les femmes chrétiennes élaborent l’hydromel dans les cases, qui sont aussi les lieux de dégustation.

 

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Dans la brousse, pas de centrifugeuse : le miel est extrait manuellement par pressage.

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Dans la brousse, pas de centrifugeuse : le miel est extrait manuellement par pressage.

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Scène de marché. Les paniers des vendeuses de farine de manioc, de maïs ou de riz sont souvent visités par des abeilles en manque de pollen. Plus les butineuses sont abondantes, plus la farine est réputée bonne.

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Nana Saïdou est négociant en miel qu’il collecte en brousse et dans les villages pour le revendre dans les grandes villes et aux marchands nigériens.

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Nana collecte de la cire dans un village. C’est le matériau privilégié pour l’orfèvrerie.

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Joseph et sa femme, qui vivent en brousse, s’apprêtent à récolter l’une de leurs ruches posée dans un arbre.

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Joseph et sa femme, qui vivent en brousse, s’apprêtent à récolter l’une de leurs ruches posée dans un arbre.

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Joseph récolte ses ruches de nuit, torse et jambes nues pour éviter que des abeilles ne se prennent dans ses vêtements.

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Joseph récolte ses ruches de nuit, torse et jambes nues pour éviter que des abeilles ne se prennent dans ses vêtements.

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Joseph récolte ses ruches de nuit, torse et jambes nues pour éviter que des abeilles ne se prennent dans ses vêtements.

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Joseph récolte ses ruches de nuit, torse et jambes nues pour éviter que des abeilles ne se prennent dans ses vêtements.

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Joseph récolte ses ruches de nuit, torse et jambes nues pour éviter que des abeilles ne se prennent dans ses vêtements.

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La forme de cette ruche rend la récolte très prédatrice, car elle entraîne la destruction de la colonie.

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L’abeille africaine est réputée pour son agressivité, décuplée par certaines odeurs, comme celle de la transpiration. La fumée d’un flambeau d’herbes sèches pousse les abeilles à trouver refuge au fond de la ruche. Les galettes de cire sont rapidement passées au feu pour tuer les attaquantes.

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Joseph ouvre la termitière à l’aide de sa houe et commence la récolte.

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Le couvain et le miel d’une colonie installée dans une termitière abandonnée.

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Joseph enflamme une brassée d’herbes sèches pour enfumer cette colonie, qui a trouvé refuge dans une termitière abandonnée.

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Fait exceptionnel au sein de la famille apis melifera, l’abeille africaine niche souvent dans la terre. Le nid est détruit lors de la récolte, qui se fait de nuit, à l’aide d’une houe.

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Fait exceptionnel au sein de la famille apis melifera, l’abeille africaine niche souvent dans la terre. Le nid est détruit lors de la récolte, qui se fait de nuit, à l’aide d’une houe.

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Les enfants jouent un rôle important dans le repérage des colonies. Toute la famille participe à la récolte des galettes de miel, qui seront transportées dans des feuilles de bananier avant l’extraction.

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Nana Saïdou en pleine négociation avec un commerçant peul. Le miel est conditionné en jerricans de 20 litres, ou en sacs plastique de 50 litres pour l’exportation. Environ deux tonnes de miel s’apprêtent à partir pour le Nigéria.

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Le train qui relie Ngaoundéré à Yaoundé est la principale voie de communication du nord au sud. Il permet d’éviter les innombrables barrages de police, de douanes et autres tracasseries administratives aussi fréquentes que coûteuses.

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Le train qui relie Ngaoundéré à Yaoundé est la principale voie de communication du nord au sud. Il permet d’éviter les innombrables barrages de police, de douanes et autres tracasseries administratives aussi fréquentes que coûteuses.

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Èric en pleine action, à quinze mètres du sol, juste avant une attaque massive qui lui occasionnera une quarantaine de piqûres…