Ma Ruche en Ville, livre pratique richement illustré, est le premier guide d’apiculture urbaine. La première partie vous donne les points clés indispensables pour se lancer dans l’élevage apicole urbain. Vous entrez ensuite dans la pratique, chaque étape étant illustré par l’image. Le livre est accompagné par des vidéos pratiques gratuites réalisées par Eric Tourneret disponible sur le site www.ma-ruche-en-ville.fr et sur Facebook.


De plus en plus, on parle de l’abeille et de sa disparition possible. Il est vrai que tous les insectes sont mis à mal par l’homme, par des facteurs aussi divers que les insecticides, la monoculture et ses herbicides, mais aussi la déforestation, et toutes les prédations que nous exerçons sur le milieu naturel.
Après avoir travaillé trois ans en France sur le peuple des abeilles, j’ai voulu témoigner de la relation de l’homme à l’abeille à tous les stades de son évolution, de la prédation la plus archaïque à l’exploitation industrielle de l’abeille. Pour réaliser ce projet, un tour du monde s’imposait pour plonger dans l’histoire et témoigner de la transformation des méthodes de récolte et d’élevage de l’abeille.
J’ai voulu parler de cette relation très ancienne, qui nous emmène à la source de notre lien vital à la nature, lorsque l’homme récoltait le miel des abeilles sauvages.
Le miel. Salué dans toutes les traditions religieuses, il était - et reste pour beaucoup - le premier médicament des hommes et des bêtes. Imputrescible, il fut aussi l’une des premières denrée échangées et commercées. Sans oublier son rôle festif, lorsque le nectar fermenté se transformait en hydromel.
Les colonies d’abeilles m’interrogent sur les choix de nos sociétés. À les observer, on découvre un univers de partage et d’économie qui pourrait servir d’exemple à l’humanité appelée, dès aujourd’hui, à faire face à des défis majeurs. Et à résoudre une équation complexe : vivre sur une planète aux ressources limitées, confrontée à des problèmes écologiques, climatiques et à une population en constante augmentation.
L’ampleur du problème remet en cause tout le modèle économique présent. En prenant exemple sur les abeilles, j’ai davantage envie de parler de gestion pérenne et de partage. Une colonie, en cas de disette, partage la moindre goutte de miel, même si ça la mène au bord de l’extinction. L’individuel, ou le collectif ? C’est un choix de société. L’homme sera-t-il capable de partager les ressources gratuites de la terre et de les faire fructifier, ou la folie de quelques-uns mènera-t-elle à la destruction de l’humanité ?
Pour finir sur une note d’espoir, j’espère que ce livre contribuera à la préservation de l’espèce Apis, et que vous, lecteurs, serez touchés par l’extraordinaire vivacité de ce monde animal. Et pourquoi pas, que vous franchirez le pas et installerez quelques ruches au fond de votre jardin.
Comme me l’a confié récemment une jeune apicultrice new yorkaise, « j’aime venir observer mes ruches après une journée de travail. C’est pour moi une sorte de méditation : j’oublie mes problèmes, je m’oublie un peu, pour me sentir liée à quelque chose de plus grand, quelque part au mystère de la vie. »
Éric Tourneret

« La science contemporaine nous apprend l'interdépendance de toutes les espèces vivantes dans le grand écosystème planétaire. Chaque plante, chaque animal, joue un rôle précis dont l'effet est bénéfique à l'ensemble des vivants. La disparition d'une espèce peut avoir des conséquences dramatiques. Paradoxe de notre période, c'est au moment où nous découvrons ces propriétés de la vie terrestre que nous apprenons aussi l'immense saccage provoqué par notre industrie : l'érosion de la biodiversité. Le cas des abeilles en est un dramatique exemple. Lorsque l'abeille pénètre dans la fleur à la recherche de nectar, son corps se constelle de grains de pollen qu'elle dépose sur le pistil de la fleur suivante. C'est la pollinisation, un chaînon essentiel de la vie terrestre. La fleur abandonne ses pétales tandis que le fruit ou les graines se développent dans l'ovaire. Les pesticides de l'agriculture intensive ont décimé les abeilles. Sérieusement. Les résultats de cette perte s'étendent bien au-delà de la simple diminution des cueillettes de miel. Elle rejaillit sur l'avenir même des arbres fruitiers et, par là, sur les récoltes de fruits, éléments indispensables de notre alimentation. De proche en proche, les effets de l’hécatombe des abeilles se propagent sur toute la chaîne alimentaire et nous affectent directement. Quand nous malmenons une espèce, nous nous malmenons nous-mêmes. »