Quelque 300 ruches ont colonisé les toits et jardins de Paris.
Les citadins sont pris d’un véritable engouement pour les abeilles : les fournisseurs de matériels apicoles des environs de la capitale ont enregistré des ventes record depuis le début de l’année, et les inscriptions au cours d’apiculture du rucher du Luxembourg ont été saturées de demandes en quelques heures !
Mais qui sont ces nouveaux apiculteurs qui font butiner leurs abeilles au cœur de la cité ?
Jean Paucton, le plus célèbre des apiculteurs au monde qui a installé des ruches sur le toit de l’Opéra Garnier il y a vingt ans, a été sans le vouloir le fer de lance de ce mouvement. Son miel se vend une fortune aux touristes japonais et coréens et il ne se passe pas une semaine sans qu’une chaîne de TV internationale ne l’interviewe.
Le 4 juin dernier, l’apiculteur Nicolas Géant a installé deux ruches sur le toit du Grand-Palais qui compte en commercialiser le miel. Et une troisième sur la terrasse de Louis Vuitton près du Pont-Neuf : pour les entreprises aussi, l’abeille devient vecteur de communication sur le développement durable.
Le rucher du plasticien apiculteur Olivier Darné, posé en 2000 sur le toit de la mairie de Saint-Denis, compte aujourd’hui près de 40 ruches, et a initié une démarche de fond qui met en scène le rapport entre le citadin et son milieu. Après avoir exposé à Pompidou, Olivier Darné a essaimé à Grenoble, Marseille, Genève et bientôt Bruxelles…
Ce nouvel intérêt citadin pour l’abeille révèle le besoin de retrouver le lien perdu avec la nature. C’est aussi pour les apiculteurs un moyen de révéler l’absurdité de la situation apicole : l’abeille en ville se porte mieux que sa cousine des champs. Les ruches parisiennes peuvent produire jusqu’à 130 kilos de miel par an, contre une moyenne de 15 à 20 kilos pour celles des champs !